« Nous ne pouvons pas changer le régime sous un bombardement », alerte l’opposition iranienne

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Prise en étau par le double danger des bombardements américano-israéliens et de la répression politique, privée d’internet, fuyant les villes, l’opposition républicaine iranienne peine à agir en vue d’un renversement du régime.

« Le futur pouvoir doit sortir des urnes, d’une élection. Nous ne pouvons pas changer le régime sous un bombardement intense. » Quelques heures avant de fuir la répression du régime en quittant Téhéran pour se réfugier dans les montagnes, Houssein Moussevian, un professeur de médecine actuellement porte-parole du Front populaire, a réussi à enregistrer un message vidéo en milieu de semaine et à le faire sortir du pays. On comprend qu’il ne voit pas d’issue démocratique à la situation actuelle : « Il nous faut une assemblée constituante pour avoir un État de droit », lance-t-il.

Le Dr Moussevian représente un parti désormais clandestin qui a eu le pouvoir à deux reprises en Iran : en 1953, lorsqu’il a nationalisé le pétrole, et en 1979, lorsque Chapour Bakhtiar fut pour 37 jours le dernier Premier ministre du Shah avant d’être assassiné dans la région parisienne, en 1991, par le régime iranien. Aujourd’hui, la moitié des républicains iraniens vit à l’étranger. Cette diaspora est politiquement active surtout en France (où résident 25 000 personnes nées en Iran) et en Allemagne. Ils prônent un régime républicain, laïc, décentralisé avec une égalité entre les hommes et les femmes.

Les bombardiers à l’oeuvre

Ce samedi 7 mars après-midi, dans la région parisienne, une réunion politique, à laquelle L’Est Républicain a pu assister, avait pour objet de coordonner l’action des responsables des différents pays d’Europe et d’Amérique du Nord. Le but était aussi de préparer un futur congrès à Paris, afin d’unifier les différentes branches non islamique et non monarchiste de l’opposition.

L’occasion aussi de partager des témoignages venus de l’intérieur, notamment de personnes ayant trouvé refuge ces derniers jours à Bahreïn. Elles rapportent que depuis mardi soir, les bombardements par des avions F-15, F-16 et F-18 américains et israéliens ont remplacé les tirs de missiles, qui étaient plus ciblés. Les bombes tombent de manière intensive sur Téhéran, mais aussi sur toutes les capitales de province et les villes moyennes dès lors qu’existe une caserne, une infrastructure militaire, un commissariat central de police ou une industrie liée à l’armement.

Plus d’internet, répression politique, exode

« Il y a actuellement un grand exode de la population civile qui quitte les villes pour se réfugier à la campagne », explique Farhang Ghassémi, porte-parole du Front populaire et des républicains iraniens à Paris. « Je crains une catastrophe pour cette population qui va se retrouver confrontée à des problèmes de pénurie d’essence et de nourriture dès ces prochains jours », confie-t-il. Il ne croit pas à la possibilité d’un changement de régime politique sans intervention au sol. Internet est totalement coupé depuis une semaine, ce qui désorganise l’action de l’opposition à l’intérieur. Il n’est pas envisageable de sortir en raison des bombardements, il est compliqué d’envisager une action concertée faute de moyens de communication. Et après quelques jours de flottement, la répression du régime contre ses opposants a repris de plus belle dans les villes. L’opposition, fragmentée entre les monarchistes, les moudjahidines islamistes, les laïcs et les républicains, manque aussi d’un leader.

Fahrang Ghassémi ne voit pas les Américains ou les Israéliens s’engager au sol. Les Kurdes, sans doute : « Ils sont en train de se préparer ». Mais il estime vain une action qui ne serait pas concertée avec l’opposition républicaine iranienne. « Cela va tourner au massacre. Nous leur avons proposé une alliance, mais nous n’avons pas de retour positif », déplore-t-il. L’opposition républicaine, bien consciente qu’elle déplaît non seulement au régime islamique iranien mais aussi aux régimes sunnites du Golfe, réticents à la séparation du religieux et du politique, craint que Donald Trump ne se rapproche des « réformistes » iraniens. « Ils sont juste une autre façade du régime théocratique actuel », glisse un opposant iranien.

Pour l’heure, l’angoisse pour les familles restées au pays a remplacé, pour les Iraniens de France, les espoirs du premier jour.

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